[Sommaire - Solidarité Internationalé]
 
Rencontre avec les zapatistes de la societe civile, San Cristobal, Chiapas, zone de conflit, synthese des discussions. Le 15.nov.1997. 

San Cristobal, situe a plus de deux mille metres d’altitude. Vent froid, pluie forte. Cette ville du centre du Chiapas fut le siege le premier janvier1994 des premiers et pratiquement uniques combats armes du mouvement insurrectionnel de l’Armee Zapatiste de Liberation Nationale, l’EZNL. Celebre surtout au travers de l’image cagoulee du Sub commandente Marcos, de ses declarations poetiques voir humoristiques sur les mefaits du neoliberalisme aussi bien pour les peuples indiens du Chiapas que pour tous les peuples du globe terrestre.  
Depuis bientot quatre ans, le mouvement zapatiste a enormement evolue, pour s’etendre au dela des frontieres du Chiapas jusque dans tout le Mexique, et au travers notament de la premiere rencontre intergalactique contre le neoliberalisme, dans le monde entier, car le zapatisme, se veut mondial, Marcos n’as t’il pas declare que la 
quatrieme guerre mondiale est commencee, guerre contre le neoliberalisme et sa mondialisation. 

Aujourd’hui, au travers de son ouverture sur la societe mexicaine, le mouvement zapatiste, qui etait compose au depart essentielement d’indien, la plupart fils des mayas et ayant une histoire de resistance aux envahisseurs aussi bien azteques, qu’espagnols, et aujourd’hui, neoliberaux, le mouvement zapatiste donc s’ouvre sur la societe mexicaine (et plus largement sur le monde), au travers de la formule du Sub Commandente "nous sommes tous des zapatistes". Cette ouverture participe largement au processus de remise en cause du pouvoir mexicain et donc du parti unique, le PRI (Parti Revolutionnaire Institutionnel), au pouvoir depuis plus de soixante-dix ans.  
Les zapatiste aujourd’hui au Mexique sont aussi bien les indiens en rupture avec la societe mexicaine, du moins, celle de l’ALENA (accord economique de libre echange, USA-Canada-Mexique), que les democrates et progressistes du Mexique dans son ensemble, et qui forment la partie civile de l’armee zapatiste.  

Au centre du Chiapas, la zone de conflit avec pour centre le village de "La Realidad" est tenue exclusivement par les zapatistes. La vie s’y organise sur d’autres principes que ceux du Mexique neoliberal, avec un partage des terres, des ressources, du travail, la liberation culturelle et politique des femmes, l’education pour tous...cette zone est entouree par un cordon sanitaire de plus de trois cents campements et barrages militaires. Cependant, malgre plusieurs effets d’ annonces, dementies par les autorites militaires (voir la Jornada du. 3 nov. 1997 : "...el general de brigada Jorge de Jesús Wabi Rosel, comandante de la 39 Zona Militar, niega rotundamente que el Ejército Mexicano prepare una nueva embestida contra el Ejército Zapatista de Liberación Nacional."), l’armees ne semble pas en mesure de s’attaquer aux villages zapatistes, grace notament au soutient de la societe civile. 
 
 

Cependant, la lutte dans les villages zapatiste restent constante, car, avec l’embargo militaire, il est entre autre, tres difficile pour ces villages de se procurer les medicaments necessaires aux soins de tous et plus particulierement des enfants. Les zapatistes que j’ai rencontre insistent beaucoup sur le fait d’obtenir des antidiarretiques, des antibiotiques a large spectre, du materiel de chirurgie...etc.  De plus, en ce qui concerne les villages peripheriques a la zone zapatistes et San Cristobal, les groupes paramilitaires, toleres par le pouvoir, sevissent de plus en plus en font pression contre les sympathisants zapatistes. Ces groupes sont entretenus par les grands proprietaires, qui par peur de voir les indiens s’approprier des terres et se les distribuer, a la maniere de l'EZLN, organisent des groupes armes, les "Guardias Blancas", ou encore "Paz y Libertad", composes pour la plupart de "naturales" c'est a dire d’indiens, ceci afin de tenter de diviser les populations indigenes. Ces groupes armes ont ete a l’origine de l attaque par balles de pretres pro-zapatistes (la plupart des pretres sont ici partisants de la Theologie de la Liberation, dont San Cristobal en est le berceau mondial,  avec Bartholome de las Casas, premier defenseur des indiens), (Jornada du 11 nov. 1997 : "El atentado de Paz y Justicia en contra de los obispos Samuel Ruiz, Raúl Vera y su comitiva, provocó el desbordamiento del esquema de contención del conflicto chiapaneco puesto en práctica por el gobierno federal."). Mais de façon moins spectaculaire, ils sont aussi a l’origine de diverses provocations, allant de malmener physiquement les prozapatistes, ou,  a inscrire des tagues de condamnation a mort sur les murs de leurs maisons. Ceci contribue a creer une tension forte dans  les villes et villages, et permet de maintenir une certaine repression non declaree pour le gouvernement. 

Cependant, si l’on s’interrese aux conditions de vie des "naturales", on s’aperçois que tout porte a la revolte. Asinsi, dans les plantations de Café, ce sont des familles entieres, qui sont pratiquement reduites en esclavage, et travaillent du grand pere aux petits enfants, filles ou garçon, pour la modique somme de 10 pesos (7 Francs) par jour. De plus, les meilleures terres sont celles des Latifundistas (grands proprietaires), les indiens doivents se contenter des terres situees a flanc de montagne, ou la couche cultivable est degagee en quelques annees par les pluies, parfois avec maisons et personnes. Les enfants sont tres nombreux a travailler en ville pour survivre, cireurs de chaussures, vendeurs de tout et n’importe quoi...Bref, les peuples indigenes sont leses de tout depuis des siecles, et leur situation s’aggrave avec les prerogatives de l’ALENA et du FMI, comme partout sur le globe, les plus pauvres sont les premiers a faire les frais du liberalisme mondial.

 
Mouvement Jeunes Communistes